Mes Fins de Mois

Comment nous arrivons à économiser sur le coiffeur pour les enfants

Comment nous arrivons à économiser sur le coiffeur pour les enfants

Le soleil de ce début d'août entre de biais dans la cuisine, une lumière un peu crue qui ne pardonne rien. En posant les bols pour le petit-déjeuner, j'ai regardé les garçons. Leurs cheveux, qui poussent d'environ un centimètre par mois selon les livres, semblent avoir pris une avance démesurée cet été. Les épis se battent en duel, les nuques sont brouillonnes, et je sais que le budget de ce mois-ci, déjà bien entamé par les glaces en ville et les petites sorties, ne pourra pas absorber deux rendez-vous en salon.

Avant de continuer, je dois vous glisser un petit mot : certains liens ici sont affiliés. Si vous cliquez dessus pour un achat, je touche une petite commission sans que cela ne vous coûte un centime de plus. Je ne partage ici que ce que j'utilise vraiment sur le coin de ma table de cuisine pour faire tenir notre budget de quatre.

Le souvenir des mercredis après-midi au salon

Je repense à la fin août l'an passé. On s'était retrouvés dans ce salon de Reims, avec l'odeur de laque et le bruit des séchoirs. On attendait notre tour sur des chaises trop hautes pour les petits. C'est vrai, les salons proposent souvent un forfait moins de 12 ans, mais quand on multiplie par deux, et qu'on ajoute les pourboires parce qu'on se sent obligée, la note est salée pour une coupe qui, trois semaines plus tard, semble déjà avoir perdu sa forme.

Un mercredi pluvieux de novembre, j'avais même envisagé de les emmener dans un CFA, les écoles de coiffure où les apprentis s'exercent sous l'œil des professeurs. C'est une excellente piste pour payer moins, mais avec les horaires de la mairie et les activités de l'un et de l'autre, caler un rendez-vous là-bas relève parfois du puzzle. Et puis, il y a cette réalité biologique : sur une année scolaire de 36 semaines, avec un rythme de 4 jours ou 4,5 jours d'école, les cheveux n'attendent pas qu'on ait un créneau libre pour dépasser sur les oreilles.

Un tabouret de cuisine et une serviette au sol préparés pour une coupe de cheveux maison.

Le jour où j'ai ouvert mon recueil de secrets

Juste avant les vacances de Pâques, alors que les finances étaient particulièrement serrées, j'ai ressorti mon compagnon de route, le livre 1.001 trucs et secrets pour faire des économies. Je l'avais acheté pour les astuces de cuisine, mais j'ai fini par tomber sur la section concernant l'entretien de la maison et de la famille. Ce qui me plaît, ce sont ces idées courtes, un peu comme des confidences entre voisines, qui ne demandent pas d'être une experte.

J'y ai trouvé des conseils simples pour égaliser une frange ou dégager les oreilles sans faire de catastrophe. J'avais aussi feuilleté Le guide des astucieux, qui est très bien structuré par poste de dépense, mais pour le côté « débrouille immédiate », mon petit recueil de trucs reste mon préféré. J'ai donc sorti la vieille tondeuse qui dormait dans le placard de la salle de bain, une serviette un peu rêche, et j'ai installé le tabouret au milieu de la cuisine.

Le bruit des petits cheveux sur le carrelage

Le premier essai a été... mémorable. Il y a cette odeur de métal de la tondeuse qui chauffe un peu entre les doigts, un bruit de vibration qui fait rire les enfants et qui, moi, me donne les mains moites. Et puis, ce son très particulier, presque imperceptible, des petits cheveux qui tombent sur le carrelage de la cuisine. C'est à la fois satisfaisant et terrifiant.

J'ai eu ce moment de panique muette quand j'ai réalisé que la mèche de devant, celle que je voulais juste « rafraîchir », était finalement un bon centimètre plus courte que prévu. J'ai dû ajuster, égaliser, respirer un grand coup. C'est là que j'ai compris une chose essentielle : couper les cheveux à la maison peut vite coûter plus cher en matériel et surtout en temps perdu si le résultat est tel qu'on doit courir en urgence chez un professionnel pour rattraper le massacre. On croit économiser, mais si on doit payer une coupe « correction » au tarif fort, le calcul tombe à l'eau. Il faut rester humble et ne pas viser la coupe de magazine dès la première fois.

Le livre d'astuces de Céline posé à côté du matériel de coiffure sur le plan de travail.

Apprivoiser la routine et accepter l'imperfection

Depuis ce printemps, on a trouvé notre rythme. On ne fait pas des miracles, mais on entretient. En dégageant simplement les oreilles et la nuque tous les mois, on arrive à espacer les vraies visites chez le coiffeur de plusieurs mois. C'est un peu comme pour les sorties gratuites en famille : on apprend à voir ce qu'on a déjà sous la main au lieu de chercher la solution payante par réflexe.

Les enfants, eux, s'en fichent pas mal que ce ne soit pas parfaitement symétrique derrière l'oreille. Ce qu'ils aiment, c'est le rituel : le tabouret, la petite vidéo sur la tablette pour rester calme, et l'idée que maman fait de son mieux. Pour moi, c'est une petite victoire silencieuse. L'argent qui ne part pas dans ces rendez-vous s'accumule doucement dans la boîte pour nos vacances en famille ou simplement pour s'offrir une gaufre en ville sans compter.

On n'est jamais à l'abri d'un raté, comme ce jour où j'ai glissé un peu trop haut sur la tempe. Mais avec un peu de patience et les bons conseils piochés dans mon petit livre de trucs et secrets, on finit par se sentir plus légère. Ce n'est pas de la grande gestion financière, c'est juste la vie qui s'organise autour des petits riens qui, mis bout à bout, permettent de souffler un peu plus fort à la fin du mois.

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